Trouver une place en crèche : bienvenue à « Galère Land » !

Tous les parents qui sont passés par-là vous le diront : obtenir une place en crèche pour son enfant – spécialement si c’est un nourrisson – est un parcours du combattant où les règles font défaut…

Pour caricaturer (juste un peu) la situation, toute femme envisageant une grossesse devrait, avant même d’arrêter la pilule, inscrire son bébé hypothétique dans l’ensemble des crèches de sa région pour espérer avoir une place le moment venu.

Sachez néanmoins que vos chances de succès dépendent également en grande partie du lieu où vous habitez. Les villes et les cantons urbains sont mieux lotis même si ça n’est pas la panacée. Pour exemple, Lausanne offre une couverture de 45,8 places pour 100 enfants en âge pré­scolaire, bien loin devant Neuchâtel et Genève où la situation est plus tendue. Dans certaines régions rurales, l’offre baisse à six places pour 100 enfants, voire rien du tout. (source : Le Temps, 30 juin 2015)

 

J’étais enceinte de 4 mois quand j’ai été m’inscrire au BIPE* à Genève. Là, on m’a dit clairement que je n’avais qu’une chance sur trois d’obtenir une place. Quand ma fille est née, j’ai dû attendre qu’elle ait 13 mois pour qu’on me recontacte. Heureusement, nous avons pu compter sur la famille quand j’ai repris mon travail 5 mois après sa naissance. La crèche attribuée est très éloignée de notre quartier et les jours de garde nous ont été imposés mais je m’estime heureuse malgré tout. D’autres parents n’ont pas eu cette chance. Sybille, Carouge.

Car si dans un premier temps, vous avez certaines exigences, sachez qu’en la matière, il ne faut pas vraiment faire la fine bouche. Bibou ne pourra peut-être pas aller dans la crèche qui vous faisait de l’œil (la plus proche, la plus moderne, etc) et les jours de garde risquent de vous être imposés au début, selon les disponibilités de l’établissement.

Sur les forums, les témoignages de parents en galère sont sans fin, c’est dire si les structures d’accueil destinées à la petite enfance mériteraient d’être développées.

Quand notre fils a pu entrer en crèche, après des mois d’attente, j’étais un peu déçue car, ayant visité plusieurs structures d’accueil lors de ma grossesse (on m’avait dit de ne pas perdre de temps !), ça n’était pas forcément cette crèche qui m’avait donné la meilleure impression. Finalement, je suis revenue rapidement sur mon jugement car cela fait maintenant 3 ans qu’il y est et tant la crèche que le personnel sont formidables. Davina, Neuchâtel.

Heureusement, la crèche n’est pas la seule option de garde. Il reste le réseau officiel de mamans de jour (mais overbookées elles aussi), les nounous en freelance parmi lesquelles il y a de vraies perles et les solutions temporaires en activant son réseau familial. Vous avez également la possibilité d’engager une fille au pair pendant plusieurs mois mais là encore, faut-il tomber sur le bon numéro !

Ma femme allait reprendre son travail et on n’avait toujours pas trouvé de solution pour garder Adam. Moi, je ne voulais pas confier mon fils à n’importe qui ! J’en ai parlé autour de moi au travail et on a finalement trouvé une dame ayant de l’expérience. Par contre, il a fallu mettre le prix et ça a véritablement plombé le budget familial. Mais notre fils l’aimait beaucoup et elle s’en occupait merveilleusement, c’était le plus important. Julien, Préverenges.

Dans son rapport de 2008, l’Unicef a développé un modèle d’évaluation des services à la petite enfance. La Suisse ne remportait que trois points alors que la Suède, l’Islande, la Belgique et la France totalisaient entre six et dix points. Quand on sait que l’investissement dans l’éducation préscolaire devrait correspondre à 1% du PIB, notre pays est vraiment à la traîne avec seulement 0,2% dédié !

 

*Bureau d’information petite enfance

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